mercredi 5 mars 2014

Surmonter l'échec : l'échec est un tremplin !

Il nous arrive d’entendre l’expression « ne pars pas sur un échec ! » comme si la réussite était la seule option, la seule finalité. Or, je pense qu’au contraire, l’échec est une excellente base pour commencer quelque chose. Ou recommencer. La preuve avec ce blog, qui commence son existence… Sur le thème de l’échec.


Il ne faut pas se voiler la face : échouer, c’est fort désagréable. Que l’échec soit d’ailleurs flagrant (un projet est rejeté) ou qu’il ne soit que subjectif (« mon texte n’a pas eu l’accueil que j’attendais… »). Que l’on soit en colère parce qu’on trouve qu’il est injuste ou qu’au contraire, l’on se sente triste parce qu’on pense qu’on le mérite, on a tous connu ces situations, dont on se rappelle parfois mieux que nos instants de bonheur. L’échec est une épreuve parfois terrible, et je crois que la première chose à faire est d’accepter tous ces aspects négatifs. Ces conséquences sur notre psychisme sont normales, naturelles et temporaires si justement, on apprend à les accepter. Ce constat fait, il faut aussi reconnaître que l’échec est une formidable source d’enseignements.

Lorsque vous créez, et de manière générale donnez de votre personne dans un projet (qu’il soit artistique, purement technique, ou entrepreneurial) et qu’une fois le travail terminé, vous devez faire face à un résultat qui n’est pas celui espéré, il est assez facile de repérer ce qui ne vous convient pas. En général, cela est en rapport avec votre monde social : l’œuvre n’est pas remarquée par le public, ou bien les personnes à qui vous l’avez soumise n’ont pas réagi, l’ont critiquée ou ont préféré une autre œuvre à la vôtre. C’est souvent la différence entre la réaction que l’on attendait et celle que l’on perçoit qui est source de notre insatisfaction. Mais une fois l’émotion passée (attention à bien attendre que l’on soit calme et seul pour tirer nos conclusions !), l’on peut commencer à se poser les bonnes questions.


Premier enseignement : la technique

C’est le plus facile ! D’abord, on récolte les critiques qui nous ont été faites, quand on le peut. Certaines sont à prendre, d’autres à laisser. Avec facilité, vous pouvez répertorier les faiblesses de votre travail (pourquoi ne pas faire une petite liste, ou un tableau ?). Parfois, se relire, re-visionner sa prestation… bref, générer « une nouvelle fois » l’expérience de votre création vous permettra de lister les problèmes techniques les plus évidents.

Vous ne savez pas comment vous améliorer sur ces points ? Ce n’est pas grave, vous verrez plus tard ! L’important est de savoir où sont vos faiblesses techniques. Néanmoins, je pense que la technique s’acquiert avec le temps et que ce ne sont que des choses que vous pourrez certainement palier avec le temps. Sur ce point donc, l’échec est une guide pour savoir vers quoi orienter votre travail à l’avenir.


Second enseignement : l’attitude

Là, ça se complique un tout petit peu. Parfois – et je dirais même, souvent – nous savons que nous aurions pu corriger telle ou telle chose avant. Ou que nous aurions dû le pouvoir. Remarquer tel détail, faire plus d’efforts sur cet aspect de la création… Mais nous ne l’avons pas fait. Pourquoi ?! Ce stade est difficile à appréhender car il génère souvent beaucoup de culpabilité. « J’aurais dû… j’aurais pu… » Quelle plaie !



A cause de ce passage désagréable, j’ai remarqué que beaucoup de personnes n’allaient pas jusqu’à ce questionnement sur leur rapport avec leur travail, souvent et malheureusement pour des questions d’ego ou de fatalisme. Nous avons tous connu celui qui semble réagir en mode « c’est qu’ils n’ont rien compris à mon art » ou bien « c’est que vraiment, je suis quelqu’un de malchanceux ». Quand il s’agit de quelqu’un d’autre, il est facile de se dire qu’il a tort… Mais il est difficile de ne pas réagir comme cela soi-même.

L’important, pour dépasser ceci, est de ne pas s’arrêter à l’émotion que l’échec a provoqué, en se rappelant d’abord que cela nous empêchera d’en tirer les leçons, mais aussi en réalisant que de toute façon, tout le monde fait des erreurs : ce n’est pas notre personne le problème, notre projet n’est tout simplement pas encore assez mature ! Il ne faut pas prendre l’échec pour soi. On prend un grand bol d’air et oust la culpabilité ! Pour avancer, il faut être ami avec soi-même. Se prendre par la main et avancer.

Une fois que l’on s’est débarrassé de cette culpabilité, j’ai toujours trouvé qu’il y avait un grand trésor d’enseignement. « Trésor » parce qu’il est difficile à trouver. En général, je sais que je n’ai pas assez passé de temps au calme sur telle chose, par exemple. Mais si je ne pousse pas plus loin la réflexion, je vais certainement recommencer. Identifier les raisons de nos manquements en termes d’attitude vis-à-vis de notre travail va nous faire réaliser que nos méthodes ne sont pas encore idéales.

Pour prendre mon propre exemple, j’ai toujours été très gentille et ai toujours accepté, tous les soirs, de m’occuper de telle et telle tâche dans mon couple. Tout en sachant pertinemment qu’après toutes ces tâches, je serai trop fatiguée pour effectuer un bon travail d’écriture. Il sera tard, je vais procrastiner et… et voilà, les jours passent, passeront, et je ne progresserai jamais sur mes relectures, par exemple, parce que je les ferai toujours en retard et épuisée. Ce n’est qu’après un énorme échec (un très vigoureux, je vous jure) que j’ai réalisé que je m’étais mis des limites toute seule. Du jour où j’ai expliqué à mon compagnon que je devais terminer mes travaux le soir avant d’être trop épuisée, il a pris le relai sur certaines choses et nous avons tout simplement décalé d’autres choses moins importantes. Pourquoi n’avais-je pas fait ça avant ? Parce que sans réflexion sur mon rapport à ma création (quelle priorité par rapport au reste ? dans quelle ambiance ?) je ne pouvais pas identifier clairement les raisons qui m’empêchaient de travailler mieux (et que je connaissais pourtant inconsciemment !) et donc, impossible de prendre la décision appropriée !


Et ensuite… la motivation !

Réussir à tirer des enseignements est par ailleurs plus motivant pour reprendre le travail. Après un échec, soyons honnêtes, on a tous parfois un peu envie d’abandonner. « Je ne suis pas assez doué, je n’y arriverai jamais… » : tout autant de phrases qui, si elles peuvent nous permettre d’exprimer notre émotion, ne doivent pas durer. Que diriez-vous à votre meilleur ami s’il vous disait ces mots ? Certainement répondriez-vous « mais non ! il y avait tel et tel point positif, regarde, et je suis sûr que tu en es capable ! ». Hé bien, parlez-vous ainsi !

Avec de nouvelles pistes pour s’améliorer, de nouvelles résolutions pour redonner de l’importance à votre création dans votre vie, de nouvelles décisions quant à vos méthodes, et parfois un petit peu de concurrence (« la prochaine fois, celui qui a gagné va être épaté ! »), il ne nous reste plus qu’à y mettre ce petit plus d’optimisme pour repartir de notre échec avec le sourire.


Voilà comment on accepte l’échec pour en faire quelque chose de positif. Je suis intimement convaincue qu’il n’y a pas de réussite sans échec. NON, arrêtez de vous bercer d’illusions, cela n’existe pas. Même si ce n’est pas toujours drôle, un échec n’est qu’une marche de plus pour monter un escalier. Allez, on se remet au travail !



Pour ma part, j’ai surtout retenu une chose : quand on fait quelque chose, on a de grandes chances d’échouer… Et vous savez quoi, c’est la meilleure chose qui puisse nous arriver !

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